C’est quoi un fixie ?

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 Le fixie ou pignon fixe, désigne un vélo monté avec une roue arrière dont l’unique pignon est solidaire à celle-ci (en opposition à la roue libre qui permet d’interrompre momentanément le pédalage). Cela a pour effet de vous obliger à pédaler sans interruption, entrainant vos jambes quand vous voulez freiner. En clair, votre fixie ne s’arrête que lorsque vous arrêtez de pédaler.

 

 Un vrai fixie ou pignon fixe ne possède pas de frein, et le freinage se fait en bloquant le pédalier fortement d’un coup sec, faisant partir le vélo en dérapage, on appelle cela le skid. En 2013, il existe plusieurs variantes de fixie, avec par exemple des vélos possédant un moyeu flip/flop, c'est-à-dire une roue arrière avec d’un côté, un pignon monté en roue libre, et de l’autre un pignon monté en fixe. Le gros avantage du moyeu flip/flop et que  vous n’avez qu’à tourner la roue pour rouler en fixie ou en singlespeed.


 Pour ce qui est des freins, le vrai fixie n’en possède pas, mais la loi française est très stricte : tout cycle doit être muni de deux dispositifs de freinage efficaces (Art. 315-3). C’est pourquoi la plupart des pignons fixes ont au moins un frein à l’avant, lorsqu’ils sont montés et vendus dans le commerce.

L’histoire du pignon fixe 

 Le pignon fixe est à la naissance même du vélo (vers 1855) puisque la roue libre n’a fait son apparition qu’en 1897. Il faut donc vous dire que le fixie c’est loin d’être nouveau, et comme beaucoup de choses, c’est un retour aux sources. 


 Les cyclistes sur piste ont aussi adopté le pignon fixe dans les années 1890 pour les épreuves sportives sur vélodrome. En effet, pas besoin de frein ou d’autres accessoires pouvant alourdir le vélo pour faire de la vitesse. Et pas de feu rouge non plus, obligeant à s’arrêter. Il existe différentes disciplines sur piste comme le sprint et là, le pignon fixe est très utile afin de réaliser des sur place qui sont toujours des moments étonnants pour une course de vitesse. Les coureurs engagent un duel, obligeant l’un des deux coureurs à passer devant l’autre (ou derrière selon la stratégie) avant d’engager une poursuite.

 Des riders de pignon fixe au Tarax 12 Hours Madison en 1972 au velodrome de Brunswick dans le Victoria en Australie

Les différentes disciplines en 2013 !

 Le fixie est désormais de retour sur nos routes et pas que. On le retrouve dans différentes disciplines comme par exemple l’entrainement des cyclistes sur route. Eh non, il n’y a pas que les pistards qui ont ce privilège ! Le pignon fixe contraint le cycliste à pédaler sans s'arrêter, c’est donc un très bon entrainement d’hiver pour améliorer la musculature des mollets et des cuisses.

 Ensuite on a les pratiquants de bike-polo ou Hardcourt Bike Polo, une variante du polo se faisant sur des fixies  en milieu urbain. Le polo sur bicyclette est né en Irlande dans les années 1890, et se pratique entre deux équipes de 5 joueurs sur une période de 30 minutes. Le Hardcourt Bike Polo est né quant à lui dans les années 2000 à Seattle (Etats-Unis) avec une grande majorité de pratiquants coursiers qui roulaient en pignon fixe. Le bike polo est un sport qui peut comporter certains risques, avec des chutes à pleine vitesse, relativement impressionnantes. Quoi de plus facile de faire du sur place avec un fixie pour viser et marquer un but quand on joue trois contre trois, ou de faire une roue avant pour passer la balle sous la roue arrière, avec le maillet !

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  Le street en milieu urbain laisse aussi de côté le BMX pour le fixie, permettant la réalisation d’autres styles de figures (tricks) du fait de son pignon fixe comme rouler en arrière par exemple. 

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Le nouveau phénomène fixie !

 On retrouve le fixie (fixed gear= vitesse fixe) dans les années 1990 avec les coursiers américains pour des raisons pratiques et pas qu’esthétique. Certains disent que ces coursiers à vélo, principalement à New York, en avait marre de se faire voler ou vandaliser  leurs vélos, ils ont donc enlevé tout le superflu ! D’autres raisons sont plus plausibles, moins il y a d’accessoires, plus le vélo est facile à entretenir et plus il est léger. Plus il est léger (moins de 10kg), plus il est facilement maniable et plus il va vite entre les voitures. Parlons en des voitures, le pignon fixe devenant urbain, quoi de plus normal que de raccourcir la largeur des guidons pour passer entre celles-ci !

 In this photo bike courier John Nunn manuevers his way through traffic at the intersection of 18th and Walnut as two Philadelphia bicycle policemen pedal behind him enroute to an announcement at Rittenhouse Square that the city is going to crack down on cyclists that ride in an unsafe manner or break traffic rules. ( Ed Hille / Staff Photographer ) 

  Au fur et à mesure des années, la popularité du fixie s’est développée, à la recherche de nouvelles sensations, comme peut l’être le mouvement Hipster. Le pignon fixe est passé d’ancêtre du sport, à sport de compétition, à moyen de locomotion urbain, pour finir par faire partie intégrante d’une culture ou d’une sous-culture. On parle aussi de communauté fixie. En possédant un pignon fixe, vous faites partie du club de ces jeunes (ou moins jeunes) qui défient la route à la recherche de sensations fortes. Appartenant à ce mouvement, vous montrez votre différence et votre goût du risque, de la mode et de la couleur.

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Le fixie, tendance globale

 C’est à la fin des années 2000 que le fixie se popularise et commence à faire son apparition dans les boutiques spécialisées, avant de se retrouver dans de grandes enseignes. C’est désormais le vélo urbain par excellence (en l’associant au singlespeed), on le voit dans toutes les grandes villes du monde, et oui, le phénomène est planétaire. Chappelli Cycles est par exemple originaire de Bondi Beach, près de Sydney en Australie.

 

 Dernièrement de grandes marques se sont associées à la folie fixie, en l’utilisant comme icône du jeune urbain type. Si vous êtes attentif, vous le verrez dans les publicités (Blackberry, etc.), dans des vitrines (Vuitton, etc.) et dans la mode (Coq Sportif, Lacoste, etc.)

                     Le coq sportif x Chappelli Cycles fixie

                     Louis Vuitton Bike Polo

Le fixie, à l’origine de nouvelles marques

 Il y a quelques années, les fixies urbains étaient des vélos de course customisés et donc uniques, bricolés par des passionnés, puisqu’on en trouvait pas dans les commerces. Face à cette popularité grandissante, et l’engouement pour le pignon fixe, les marques de vélo (ou d’autres) ont commencé à développer des fixies « tout fait ». Alors que certains puristes continuent de préférer rouler sur des vélos de course accessoirisés et colorés comme la selle, les pneus, les jantes, les pédales, etc, de nouvelles marques issues de la culture fixie sont apparues tel que Chappelli Cycles.

 

 C’est la passion de Pablo Chappelli pour le fixie, et son intérêt pour les nouvelles tendances,qui l’ont incité à se procurer son premier pignon fixe. A la vue des tarifs affichés par les marques de l’époque, il décida de customiser son premier vélo. C’est en voulant le démocratiser, qu’il eut l’idée de créer sa propre marque et lance Chappelli Cycles en 2009. Si la marque est à l’origine des vélos de course des années 70, elle a su renaitre de ses cendres. Toujours dans un souci d’évolution, la marque s’est ensuite concentrée sur les moyeux flip/flop, sur les vélos à vitesses intégrées au moyeu arrière et sur vélos à variateur de vitesse.

 Le fixie... phénomène de mode ou vrai alternative à la roue libre !